Amortissement

L’amortissement répartit le coût d’un investissement sur sa durée d’utilisation probable, au lieu de le passer entièrement en charge l’année de l’achat. Il traduit comptablement la perte de valeur du bien et étale la déduction fiscale sur plusieurs exercices.

L’amortissement répartit le coût d’un investissement sur sa durée d’utilisation probable, au lieu de le passer entièrement en charge l’année de l’achat. Il traduit la perte de valeur du bien et étale la déduction fiscale sur plusieurs exercices.

Quelles durées appliquer ?

La loi ne fixe pas de barème contraignant : la durée doit correspondre à l’utilisation réelle. L’administration admet toutefois des durées usuelles, rarement contestées lorsqu’elles sont respectées.

Bien Durée usuelle Taux linéaire
Bâtiment commercial ou bureaux 33 ans 3 %
Bâtiment industriel 20 ans 5 %
Matériel et outillage 5 à 10 ans 10 à 20 %
Mobilier de bureau 10 ans 10 %
Véhicule 5 ans 20 %
Matériel informatique 3 ans 33 %
Frais d’établissement 5 ans maximum 20 %
Goodwill, clientèle 5 ans minimum 20 % maximum

Le terrain ne s’amortit jamais. Lors de l’achat d’un immeuble, la ventilation entre terrain et construction doit donc être documentée : c’est un point de contrôle classique.

L’amortissement dégressif existe-t-il encore ?

Non, plus pour les sociétés. Il a été supprimé pour les immobilisations acquises à partir des exercices commençant au 1er janvier 2020. Seul l’amortissement linéaire subsiste, ce qui a simplifié les tableaux mais retiré un levier de trésorerie sur les premières années.

Que se passe-t-il l’année de l’achat ?

Depuis la même réforme, le prorata temporis est obligatoire pour toutes les sociétés, grandes et petites. Un matériel acheté le 1er octobre dans une société qui clôture au 31 décembre ne donne droit qu’à trois douzièmes de l’annuité. Auparavant, les petites sociétés pouvaient déduire l’annuité complète : l’avantage a disparu, et c’est l’une des sources d’écart les plus fréquentes avec les tableaux d’amortissement anciens.

Faut-il amortir les petits achats ?

L’administration tolère la mise en charge directe du petit matériel de faible valeur, sans immobilisation ni tableau. Le seuil retenu en pratique tourne autour de 250 euros hors TVA par pièce. Au-delà, l’immobilisation s’impose, même si le bien semble anodin.

Exemple chiffré

Une SRL achète une machine de 24 000 euros le 1er avril, avec 1 200 euros de frais d’installation. Elle clôture au 31 décembre et retient une durée de 5 ans.

  • Base amortissable : 25 200 euros, les frais accessoires suivant le bien.
  • Annuité pleine : 25 200 divisés par 5, soit 5 040 euros.
  • Première année, prorata de 9 mois : 5 040 x 9/12 = 3 780 euros.
  • Années 2 à 5 : 5 040 euros chacune. Solde de 1 260 euros amorti en sixième année.

L’étalement sur six exercices civils, pour une durée de cinq ans, est la conséquence normale du prorata temporis.

Amortissement comptable et amortissement fiscal peuvent-ils différer ?

Oui, et l’écart est fréquent. Si la société amortit plus vite que ce que la fiscalité admet, l’excédent est réintégré en dépenses non admises. À l’inverse, un amortissement comptable insuffisant ne se rattrape pas librement : la déduction perdue l’est définitivement pour l’exercice concerné.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Amortir un terrain, qui ne perd pas de valeur par usage.
  • Oublier de ventiler les frais accessoires, qui doivent suivre le bien dans la base amortissable.
  • Appliquer une annuité pleine l’année d’acquisition, alors que le prorata temporis s’impose depuis 2020.
  • Reprendre un plan dégressif établi avant 2020 sur un bien acquis après cette date.
  • Immobiliser un achat de faible valeur, ou à l’inverse passer directement en charge un bien qui aurait dû être amorti.

Construire son plan d’amortissement

Le plan se fixe à l’entrée du bien et se documente. Nous l’établissons dans le cadre de la tenue de la comptabilité et de l’établissement des comptes annuels.

Une question sur votre situation ?

Une définition donne le cadre général. Votre cas, lui, a ses particularités. Un premier échange suffit souvent à savoir ce qui s’applique réellement à vous.