Flexi-job

Le flexi-job est un régime d’occupation à traitement social et fiscal allégé, réservé aux personnes déjà occupées à quatre cinquièmes temps chez un autre employeur ou à certains pensionnés. La rémunération échappe aux cotisations personnelles et à l’impôt sous un plafond annuel, l’employeur acquittant une cotisation spéciale de 28 %.

Le régime a beaucoup changé, et c’est ce qui le rend risqué : les conditions vérifiées il y a deux ans ne sont plus celles d’aujourd’hui. Deux réformes récentes ont élargi son champ et relevé ses plafonds, tout en maintenant un contrôle strict. L’avantage tient précisément à cet encadrement : une condition non remplie et l’occupation est requalifiée en totalité, avec régularisation de toutes les cotisations sur la période.

Qui peut exercer un flexi-job ?

Deux profils, et un seul suffit.

  • Une personne occupée à quatre cinquièmes temps au minimum chez un autre employeur au trimestre T-3, c’est-à-dire trois trimestres avant celui où elle preste en flexi-job.
  • Un pensionné, y compris à temps partiel, sans condition d’emploi antérieur.

Le contrôle porte donc sur un trimestre passé, et non sur la situation du jour. Une règle anti-abus complète le dispositif : qui réduit son volume de travail d’un temps plein au trimestre T-4 à quatre cinquièmes au trimestre T-3 ne peut pas exercer de flexi-job pendant les trimestres T et T+1. Le travailleur peut vérifier sa propre situation sur le portail officiel mycareer.be.

Dans quels secteurs le flexi-job est-il autorisé ?

Depuis le 1er avril 2026, le régime est en principe ouvert à tous les secteurs. La liste limitative qui existait auparavant, initialement réduite à l’horeca puis élargie au commerce de détail, aux soins, au sport et à l’événementiel, a disparu.

Les secteurs conservent toutefois la possibilité de s’exclure par un mécanisme d’opt-out négocié au niveau de la commission paritaire. La vérification porte donc désormais sur l’inverse de ce qu’elle contrôlait auparavant : non plus « mon secteur figure-t-il dans la liste », mais « mon secteur s’est-il exclu ». Elle se fait à la date de l’engagement et au niveau de votre commission paritaire.

Quels sont les plafonds et les taux ?

Paramètre Règle
Plafond annuel d’exonération, revenus 2026 18 440 €, indexé annuellement
Pensionnés Pas de plafond de revenus
Cotisation patronale spéciale 28 % du salaire flexi
Cotisations personnelles du travailleur Aucune
Précompte professionnel Aucun, sous le plafond
Pécule de vacances 7,67 %, intégré au salaire flexi
Salaire minimum Barème sectoriel de la fonction exercée
Salaire maximum, hors horeca 150 % du salaire de base minimum
Salaire maximum, horeca (CP 302) 21 € par heure, montant indexé

Le plafond annuel a été relevé de 12 000 à 18 000 euros par la loi du 18 décembre 2025, avec effet dès l’année de revenus 2025, puis indexé. C’est la modification la plus importante pour les travailleurs concernés, et elle change l’intérêt du régime pour les occupations régulières.

Exemple chiffré : le coût pour l’employeur

Un restaurant engage quatre flexi-jobbers pour un service du samedi soir, six heures chacun, à 13 euros bruts de l’heure.

  • Salaire flexi horaire, pécule de 7,67 % intégré : 14,00 euros.
  • Cotisation patronale spéciale de 28 % : 3,92 euros. Coût horaire total : 17,92 euros.
  • Pour 24 heures prestées : 430 euros.
  • À comparer à une occupation classique au même brut, dont le coût horaire tout compris se situe autour de 21 à 22 euros, soit environ 516 euros pour le même service.

L’écart approche 90 euros par service, soit près de 20 %. Côté travailleur, les 13 euros bruts sont perçus nets, sans cotisation ni précompte : c’est l’un des rares régimes où le brut égale le net. Le coût complet d’une occupation classique peut être estimé avec le calculateur du coût d’un employé.

Quels sont les risques ?

La requalification en occupation ordinaire, avec régularisation de toutes les cotisations sur la période concernée, majorations et sanctions administratives. Le contrôle est facilité par le compteur flexi, mis à jour chaque semaine depuis 2025, qui permet à l’ONSS de suivre les montants en temps réel.

Les trois causes de requalification les plus fréquentes sont l’absence de condition d’occupation au trimestre T-3, le dépassement du plafond annuel sans basculement de régime, et le défaut de contrat-cadre. Ces vérifications se refont chaque trimestre, pas une fois à l’engagement.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Vérifier la situation actuelle du travailleur au lieu de celle du trimestre T-3.
  • Chercher son secteur dans une liste d’autorisation qui n’existe plus depuis avril 2026 : c’est l’opt-out qu’il faut vérifier.
  • Omettre le contrat-cadre, distinct du contrat de travail flexi et obligatoire avant la première heure prestée.
  • Négliger la déclaration Dimona, qui comporte un code spécifique au flexi-job.
  • Dépasser le plafond annuel sans avoir suivi le compteur en cours d’année.
  • Reprendre un salaire horaire minimum de mémoire, alors qu’il suit le barème sectoriel de la fonction depuis 2024.

Aller plus loin

Le formalisme du flexi-job est particulier et se contrôle trimestre par trimestre. Les règles ayant été modifiées deux fois en moins de dix-huit mois, une vérification à la date de l’engagement vaut mieux qu’une habitude.

Pour un accompagnement : nos conseils flexi-jobs et jobs étudiants et notre service de déclaration Dimona.

Une question sur votre situation ?

Une définition donne le cadre général. Votre cas, lui, a ses particularités. Un premier échange suffit souvent à savoir ce qui s’applique réellement à vous.